Métisse
Bon, Sylvie, faut qu’on cause. Oui, oui, tu as bien entendu. Arrête de pleurer, t’as rien fait. Du moins rien que j’aie découvert ces 37 dernières secondes. Ecoute moi bien Sylvie, parce que le sujet est de toute première importance : il s’agit du métissage.
Donc la métisse. En théorie, une métisse, ça fait rêver. Peau caramel, douce, lisse, soleil couchant et chabadabadas. Dans les rêves, une métisse, c’est comme une noire ou une blanche, mais en mieux. Peau délicate, fruitée, fesses bombées, cheveux de rêve, elle se lève, belle comme le jour et se couche pour embraser la nuit. La plupart des femmes ont rêvé un jour d’être métisse, d’avoir une crinière sauvage, d’être hâlée toute l’année. La plupart des hommes ont fantasmé un jour sur une petite femme couleur chocolat chaud du matin, son rire spontané et son sourire permanent.
Parce qu’une métisse, en théorie, c’est bien ça : tous les avantages des deux ethnies dont elle est issue. Donc… peau fine d’une blanche, dont la couleur est sans artifice dorée, seins et fesses fiers d’une noire, cheveux pas raplapla mais qu’on peut toucher et dans lequel on peut enfoncer ses doigts.
Laissez-moi vous dire qu’une métisse, c’est pas vraiment ça. Et là, c’est le drame, je piétine le mythe.
Une métisse, c’est effectivement un mélange. Mais pas forcément du meilleur des deux.
D’abord, une métisse, ça a la peau mixte. Comprenez, qui boutonne vite, rougit vite, et brille vite, bien sur. Evidemment, n’espérez pas pouvoir faire un bon traitement contre la brillance, malheureuse, vous avez la peau suffisamment sensible pour que ça vous ruine la face, mais bien assez résistante pour qu’en fin de compte, ça n’ait aucun effet!
Une métisse, ça a des fesses et des cuisses… de black. Comprenez, inrentrable dans un jean européen non-stretch. Surtout si ça a tendance à forcer sur le chocolat. Parce qu’une métisse, c’est pas forcément une liane de la savane sous la pluie de novembre, ca peut aussi être rond. Voire gros.
Une métisse, quand ça ne voit pas le soleil, c’est pas couleur lait russe. C’est vert. Enfin verdatre. Pis ça a des cernes aussi.
En fin de compte, être une métisse… c’est être une femme comme les autres, mais susciter beaucoup d’attentes dans le chef de l’autre.
Et la métisse, c’est moi.
PS : Tout ce que j’énonce sont certes des clichés mais qui me sont servis, plusieurs fois par an et pas que par des dragueurs sur Meetic ( tiens, faudra qu’on en parle)!