Archives mensuelles : novembre 2010

« Ah oui mais non » 1 : L’impossible gnocchi caoutchouc de potimarron

Forte d’un amour démesurée pour la cucurbitacée orange, je suis toujours en recherche de 1001 façons de l’accompagner. En vue d’un repas avec quelques amis, ne sachant quoi proposer avec un saumon sauce au champagne, l’idée me vint de me lancer dans la confections de gnocchis de potimarron. N’ayant jamais fait de gnocchis de quoi que ce soit, une rapide recherche dans mes livres de cuisine et sur le net m’a conduit à penser que ça irait.

GRAVE ERREUR!

Le potimarron est moins docile qu’il n’y parait, le bougre!

Trève de galéjades, la foirade en image et en déscription!

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Gnocchis de potimarron au potimarron :

Ingrédients :

  • 800 gr de chair de potimarron cuite
  • 300 grammes de farine
  • 1 oeuf
  • sel
  • poivre
  • noix de muscade
  • 50 gramme de parmesan rapé

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How To :

Pour cuire le potimarron, j’ai testé la cuisson au micro-onde. J’ai coupé le potimarron en gros dés, l’ai épépiné et placé dans un récipient avec un fond d’eau et couvert. Après 18 minutes à toute puissance, il était parfaitement cuit.  Je l’ai ensuite mixé et j’ai prélevé 800 grammes de cet chair. Le reste me servira dans une soupe.

Mélangez la chair de potimarron avec l’oeuf, les épices et le parmesan. Touillez bien.

Ajoutez ensuite la farine.

Et là, ce fut le drame. Je n’ai jamais compris comment, avec si peu de farine, j’aurais pu faire la suite de la recette.

Idéalement, la pâte aurait du s’homogénéiser et permettre de former de petits boudins de deux cm de diamètre, boudins qui auraient du être débités en tronçons et formés avec le dos d’une fourchette. J’avais juste une bouillie qui sentait très bon mais qui était juste impossible à former en boudin et encore moins à couper en tronçons! Tout se serait écroulé, c’était mou, beaucoup trop mou. J’ai donc commis l’erreur classique de la débutante en ajoutant de la farine et encore de la farine… Pour n’arriver à aucun résultat. J’ai donc résolu de mettre la pâte au frigo, pour la durcir avant de former les petites boules à l’aide de deux cuillères.

La suite de l’opération s’est plus ou moins bien déroulée : une fois débités en petites boules, elles-mêmes copieusement farinées, il a suffit de faire bouillir de l’eau et de les jeter dedans. Quand elles sont remontées à la surface, mes petites boules étaient devenues des erzatz de gnocchis!

Résultats, malgré leur bon gout, ils étaient trop caoutchouteux.

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Trucs et ficelle :

La prochaine fois, je respecterai les proportions de farine et je mettrai la pâte au frigo, voire au congélateur pour la débiter en morceaux plus facilement.

L’inspiration est venue du livre « Légumes, Collection Le Figaro et de cette recette là.

J’ai servi mes gnocchis ratés avec un suprême de volaille sauce champagne, sauce revisitée.

Temple solaire

L’amour, c’est cette douce folie qui nous lie à quelqu’un, ce sentiment fort qui fait que l’Autre est plus important. Ca emporte, ca renforce, ca fait souffrir aussi. Ca permet de passer les épreuves, ca donne l’envie de rester, parfois de faire des bébés.

Ca, c’est la littérature. Je la connais par coeur, je l’annone avec l’implication d’une nonne pendant les vêpres, j’y mets toute la conviction d’un président en campagne.

Mais dans ma vraie vie, l’amour, ca n’a aucun sens. C’est une chose que j’ai du mal à reconnaitre, à connaitre, à éprouver et à reconnaitre quand je l’éprouve. C’est une chose que j’ai du mal à cerner, à comprendre, à appréhender. C’est un danger qui pousse à se risquer. C’est une folie collective qui pousse le troupeau vers la falaise, le tout en devisant gaiement. C’est un gouter à l’arsenic où chaque participant ignore la dose qu’il ingère. Et moi, je vois le précipice arriver et je me demande s’ils sont tous dingues de s’y précipiter ainsi, le coeur léger. Je ne veux pas mourir, moi. Pas sans me battre, du moins. Je n’ai pas le pied léger, la conversation gazouillante de tous ces gens qui semblent tellement surs d’eux. Et je le vois disparaitre, quand ils arrivent au bord de la falaise. Ils tombent et s’évaporent. Certains arrivent en bas entier, d’autres volent, les derniers s’évanouissent. Beaucoup ont des plaies et des bosses mais… à peine remis, ils reprennent leur place dans le troupeau et avancent paisiblement vers la falaise, reprenant leurs gazouillis.

Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas sauter dans le vide, ne sachant pas si je vais arriver entière en bas. Je ne veux pas disparaitre, m’évaporer, m’annihiler. Je ne veux pas jouer au loto avec mon corps, mon bien-être, ma vie.

C’est une folie pure.
La roulette russe.
Un suicide collectif.

Apprendre à faire l’amour

Au propre comme au figuré.

Ailleurs, j’ai écrit : Quand on n’est pas persuadé que c’est l’amour, même furtif, qui a présidé à l’acte sexuel occasionnant notre existence, il est très difficile de croire à l’amour et à la valeur de sa propre existence.

J’avais raison.

Bavarois à l’avocat

Chers gourmands, il faut que je confesse un amour démesuré à…l’avocat! Ce légume, gras s’il en est, recèle d’une douceur qui me réjouit toujours.

Ici donc, un avocat destructuré, façon nouvelle cuisine : des biscuits détruits et refaçonnés, un avocat mixé et figé à la gelatine, un miroir de vinaigre balsamique pour réveiller toute cette douceur et secouer les papilles.

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Bavarois d’avocat au biscuit de Tucs et miroir balsamique :

Ingrédients :

Pour le croustillant aux Tucs :

  • 100 g de Tucs
  • 70 g de beurre
  • poivre

Pour la mousse d’avocats

  • 2 avocats soit 200 g de chair
  • 1 cuillère à soupe de citron
  • 1 cuillère à café rase de curry
  • 25 cl de crème fraîche entière liquide
  • 3 cl de lait
  • 3 feuilles de gélatine ou un peu d’agar-agar
  • sel et poivre

Pour le miroir au balsamique :

  • 70 g de vinaigre balsamique de Modène
  • 2 feuilles de gélatine

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How To :

Préparez d’abord le biscuit. Faites fondre le beurre puis mixez les tucs avec le beurre fondu et le poivre. Mettre la purée dans les cercles, tassez bien. Réservez les au frais.

Mettez fondre les 3 feuilles de gélatine dans l’eau froide. Mixez la chair des avocats avec le sel, le poivre, le curry et le citron. Chauffez le lait et faites y fondre la gélatine. Montez la chantilly en gélatine. Incorporez bien le tout et ajoutez la préparation à l’avocat sur le biscuit au tucs.Réservez.

Faites chauffer le vinaigre balsamique et faites y fondre la gélatine restante. Laissez refroidir à température ambiante sans cesser de remuer pour éviter que ca ne fige. Quand c’est tiède, coulez la préparation sur le bavarois d’avocat.

Remettez le tout au frais, pendant 2 heures minimum.

Au moment de démouler, chauffez légèrement les cercles à patisserie, au moyen d’un sèche cheveux, par exemple.

Trucs et ficelles :

Si vous utilisez de l’agar-agar, chauffez le lait et faites y fondre l’agar à agar.

Vous pouvez aussi doubler vos cercles à patisserie de papier cuisson, afin de faciliter le démoulage.

J’ai accompagné cette entrée d’un petit tartare de saumon, présenté en boule et de quelques feuilles de roquette.

Pour ma part, moins il y a de balsamique, mieux c’est, le gout de celui-ci étant vraiment fort.

La recette vient de  là.

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