Etre métisse aujourd’hui

Puisque rien ne vient jamais seul et que le travail thérapeutique fonctionne bien avec moi, je vois des pistes de réflexion partout.

Et donc, dans Elle aussi! Le Elle de la semaine dernière consacrait un article au fait d’être une femme noire dans la France d’aujourd’hui. Evidemment, je me suis sentie interpellée parce qu’il faut bien le dire, ma couleur de peau reste une question dans mon existence.  Elle me fait ne ressembler à personne de mon entourage, elle m’éloigne de ma mère, sans pour autant me rapprocher de mon père, même si elle créée du lien.

Tiens, en écrivant, il me vient une réflexion : dans une famille dite « normale », le père sert de tiers interrupteur entre l’enfant et la mère, il est la figure de l’Autre, l’Altérité, celui qui empêche la fusion et donc donne l’autonomie. En ne ressemblant pas à ma mère, serait-il possible que mon physique ait joué une partie de ce rôle? En prenant compte du fait que ce rôle n’a pas été achevé mais qu’indéniablement, les crises successives que j’ai traversé avec ma mère étaient des crises d’indépendance.
Bon, parenthèse fermée, où en étais-je?

Oui, être métisse dans ma vie. Et bien… je le sens. Et ça n’a jamais été un frein socialement. Il faut dire que j’ai tjs baigné dans un milieu de blancs, au point de me sentir blanche. Me voir métisse, pain d’épice dans le miroir, voir ces traits particuliers, ni fins, ni épais, très mélangés, c’est toujours un choc. Une surprise. Ni agréable, ni désagréable, juste une découverte quasi quotidienne.

La question de ma ressemblance se pose régulièrement, et de façon aigüe, mais elle ne se pose pas en terme de couleur de peau.
Et en fait, les questions viennent surtout des étrangers. Ils veulent savoir d’où je viens, si je viens de chez eux. Apparemment, je ressemble autant à une métisse arabe, qu’une métisse noire africaine.

Être métisse aujourd’hui, dans ma vie… C’est bien. Mais c’est particulier.

36 réponses à Etre métisse aujourd’hui

  • Traore dit :

    Bonjour,

    moi aussi je ressens la même chose, j’aime ton article, je suis aussi métisse (quarteron), il est vrai que se sont les étrangers qui demande l’origine, on me prend pour une arabe pour les arabes, les blancs me prennent pour une fille du sud de la France, les antillais voient que je suis métisse, d’autres pense que je suis des caraïbes…conclusion je suis internationale…et surtout Terrienne!!!

  • cristy dit :

    moi aussi quand je suis au sénégal je suis une toubab et quand je suis en france soit on me dit je suis une « renoi » soit je suis une arabe

  • vélovole dit :

    en tant que maman blanche de 2 garçons métis, ton article m’a interpelée et surtout ta parenthèse : tu n’as ni la couleur de ton père, ni celle de ta mère. ton père a quand même dû jouer le rôle d’interrupteur de la fusion « petit enfant-maman ». Mais l’autonomie tu l’as obtenue (peut-être plus tôt que les enfants d’une famille monocouleur) : tu as certainement inconsciemment compris tu es Autre, très tôt dans ton enfance. En ce qui me concerne, j’ai dû réaliser très tôt que mon enfant est une personne à part entière car de sa propre couleur. Mais en terme de ressemblance, je suis d’accord avec toi, la couleur de peau est hors sujet : on ressemble à ses parents par des expressions du visages, des regards, des goûts, des prédispositions etc…
    Mon fils de 12 ans prend aux yeux des autres, des origines différentes selon ses fréquentations…pas aisé de savoir qui on est, pas facile de se construire avec tout ce qui se dit…Je peine parfois à l’aider…
    dans tous les cas, tu es une jolie personne…au vu de ton blog…
    alors continue…

  • Bonjour vélovole! Merci pour ton passage.
    Mon père n’a pas joué le rôle de tiers interrupteur : il était absent, tant physiquement que moralement. D’où mon interrogation…
    Je pense qu’être ou élever un enfant métisse, c’est élever/être un être…différent. Avec des interrogations différentes. Ca me touche quand tu dis que tu peines parfois à l’aider…
    Joyeuses fêtes à toi et ta famille en couleurs 🙂

  • Sofia dit :

    Je vis entourés d’arabes . Ces arabes me conssidère comme une noire . Et les blancs aussi un jour je parlais avec une fille à l’école je lui ai demandé ce qu’elle me conseiller de porter pour une fete elle me repondit que comme j’étais noire , que du noire mirait bien , j’étais choquée ! Moi ! Noire ! je suis métisse et suis assé blanche , ici la mode c’est d’étre blanche , rolalah . Je suis meme plus claire que mes amies arabes mais je suis différentes . Ici etre différente n’est pas un avantage . Oh non ! Les mères à mes amies croient que je suis une mauvaise fréquentation vis à vis de leurs filles juste à cause de se que je suis , ce mélange qu’ils n’acceptent pas . Maintes fois j’ai pleuré , maintes fois je me suis demander pourquoi mes parents m’avaient fait . Je voudrais étre arabe , avoir leur culture , etre comme eux . Ici les gens sont racistes , ils n’aiment ni blancs ni noirs . Méme qu’ils préferent les noirs . Mais les blancs , ils disent que ce sont des batards . Moi je trouve ça orrible d’étre raciste . Un jour j’aimerais ne plus étre différente , me sentir chez moi . Mais je n’ais pas de chez moi , ici c’est chez ma mère , là bas c’est chez mon père , moi j’ai les papiers d’ici , mon père n’a pas pu me faire de papiers de là bas . Ici si tu n’as pas une gueule , tu meurs , ici si tu ne te bats pas pour t’imposer , on te tu , ici c’est l’enfer . Pour moi .

  • vélovole dit :

    Sofia, ça me peine de voir que tu envies d’être une autre. Tu n’y arriveras pas. Autant accepter ce que tu es, tu gagneras du temps et de l’énergie.
    Les racistes sont partout : ici, chez ta mère, la-bas, chez ton père. Ici, tu es considérée comme une noire. Mais la-bas, tu seras traitée de « blanche » (avec aussi tout que ça sous-entend!). Ailleurs, (Brésil Inde..), tu seras étrangère (à leur culture). Mais tu es intelligente car tu as compris que ce qui dérange les autres, c’est que tu représentes un « mélange ».
    Dis toi que tes parents n’ont pas « vu » leur couleur, juste une personne. S’ils se sont aimés, c’est qu’ils étaient plus forts que leur entourage (y’en a toujours qui désapprouvent). A son époque, ta mère a dû encaisser bien des réflexions, des attitudes aussi blessantes que des injures racistes. (fais la parler, sinon, j’en ai à te raconter…). Tu as dû certainement hériter de sa force.
    Regarde autour de toi, les filles arabes ont aussi des problèmes d’acceptation. Et puis, y a pas beaucoup de couples mixtes entre noir(e)s et arabes ou je me trompe ?
    A vous toutes: une chose est sûre : tu es « mélangée » et tu es forcément plus belle et surtout plus forte parce qu’issue de 2 personnes fortes qui ont dû imposer le choix de leur conjoint à leur famille respective avec leurs préjugés à deux balles.
    Les filles, ici, faut se battre : Tête Haute s’il vous plaît…

  • Sofia dit :

    Non , ici les races ne se melangent pas , enfain trés rarement apar si l’homme ou la femme arabe est pauvre ou de mauvaise famille , là il y ‘a des couples . Non , non lol je ne suis pas belle xD Mais je suis fatiguée , moi je n’ai pas dessider d’étre metisse , je veux juste etre comme tout le monde . C’est si compliqué , je voudrais vraiment que ça soit plus simple . Que tous le monde ne me juge pas juste à cause de ma couleur . Des fois j’ai tellement honte de ce que je suis , c’est beau les gens qui disent  » Avance , la tete haute  » C’est facile à dire , mais il faut vivre ce racisme pour comprendre que ces paroles ne servent à rien du tt .

  • lallouche dit :

    moi je suis métisse, ma mère est francaise et mon père algérien, et jai le type meditéranéen, donc je fais arabe , mon père est très typé et moi on me prend pour un vrai arabe je suis fier d’etre ce que je suis et je l’affirme bien haut, meme si cest pas toujous facile. les gens sont parfois étonnés quand je leur dis ce que je suis! jai une soeur qui elle a un prénon français et puis on est ce quon est.

  • sofia dit :

    Finallement je m’ens fou je suis comme je suis et puis j’emmerde tous ceux qui ne m’aime pas ! Je suis la plus belle race au Monde! Hahahahaha =D Jeeeeeeeeeeeeeeeeee suiiiiiiiiiiiiiiiiiis metisssseee 1 MELANGE DE COULEURS !
    Bisous à tous les métisses du Monde wenibikoum!

  • camille dit :

    Je suis métisse aussi, de mère française et de père marocain. J’ai un prénom français mais je suis plutôt typée: le visage d’une beurette comme on me le dit souvent, les cheveux bouclés, la peau mate… petite ça ne me posait pas de problèmes mais depuis que je suis ado les gens me parlent arabe dans les soirées lol et pourtant les arabes ne me considèrent pas comme une vraie arabe, et en même temps les français me considèrent comme une fille d’immigrés donc on sait jamais trop où se place, et je suis la seule de ma famille à avoir ce pb là puisque mes deux frères ne sont pas du tout typés(peau blanche, visage plutôt européen)
    Etre métisse c’est donc pas tjs facile puisqu’on sait pas trop trop qui nous ressemble, comment les autres nous voient… Mais en même temps faut pas trop se poser de questions! On est humain , on est français , et puis être issu de deux cultures différentes, c’est une richesse, et c’est surtout magnifique.

  • lucile dit :

    et bien je suis métisse également, mere française, pere algérien, prénom français pour moi. je me suis tjrs considérée comme « blanche » car elevée par cette partie de ma famille.

    les gens me croient blanche puisqu’ils se permettent le parler raciste en pensant que je suis de leur bord… j’avoue que l’inconscient collectif français est tellement imprégné de racisme que parfois il m’est arrivé d’avoir ce type de pensée.. mais je n’y fais plus attention car l’avenir c’est le mélange des races, et c’est un phénomène qui se développe maintenant dans toutes les catégories sociales.

    je suis fière de ma mere qui a passé le pas à un moment qui n’était vraiment pas évident (après les conflits franco-algérien).

    j’ai fait ajouter le nom de ma mere sur ma carte d’identité pour trouver du travail et mieux me définir, si bien qu’aujourd’hui on me croit mariée avec un homme d’origine étrangère!

    l’autre jour j’ai rencontré un métis franco-algérien comme moi dans une soirée et on a discuté du sujet: on en est arrivé à la conclusion qu’intellectuellement, ce mélange nous a donné beaucoup moins de limites et une ouverture que n’ont pas les autres « naturellement »: on se prend moins la tête tout simplement car habitués à penser « global ».
    toutefois, cette capacité à penser plus indépendamment et plus objectivement n’est pas tjrs comprise et met à l’écart: j’ai parfois rencontré des gens qui considéraient que les métis ne savaient pas se positionner du fait justement de leur appartenance à deux races… hallucinant mais tellement fréquent

  • Kamelia dit :

    Bonjour, moi je suis du sud de l’algerie, je suis mate de peau.. on me prend souvent pour une indienne, metiss, marocainne.. tout cela ne me plait pas tou lé jours j’aborde se sujet et quand je demande au gens je suis de quel origine cest tjr pareil.. je sais pas pourquoi mais cela me plait pas ! j’aimerais vraiment ressemblé a une vrai arabe que je suis !! les indiennes ressemble t’elle au arabe ?

  • Lili la tigresse dit :

    Bonjour Kamélia,

    Pour moi, les indiennes ne ressemblent pas aux arabes.
    La question que je me pose est : pourquoi as-tu envie de ressembler à une vraie arabe? Si tu l’es, ce n’est pas ton apparence qui fera que tu l’es moins.
    Sois fière de ta culture, de tes origines, fais les vivre en toi…

  • amira dit :

    moi aujourd’hui dans notre mentalité autant qu’arabe il n’y a que ceux dont la peau st blanche qui sont beaux la premiere chose qui disent elle blanche j me sui trouvé malgré que j sui trés belle j’ai les traits tres fins compleksé mai j voudrai avoir la confience en moi de nouveau comment dois je faire

  • Maeva dit :

    J’ai vraiment trouvé très beau et très vrai ce que tu as écrit!
    je suis métisse, le pire ou le mieux je ne sais pas, c’est qu’en plus d’être moitié blanche-moitié noire, je suis un quart arabe!
    dur d’expliquer tout le temps pourquoi, et comment c’est possible. Faut dire que j’en ai marre de devoir me justifier auprès de tout le monde et de devoir expliquer ma couleur de peau comme si le métissage était apparu hier!
    Mais, malgré mes interrogations et mes moments de doute sur moi-même, je suis très fière d’être métisse.
    Quand on me traite de noire je suis hors de moi et presque prête à claquer quelqu’un…
    J’ai envie d’une société dans laquelle on n’aurait pas besoin de toujours extrapoler quant à sa couleur, l’origine de son nom; bref une véritable société cosmopolite ou la différence est juste normale.

  • Safya dit :

    J’ai vraiment concience de ce que vous dites tous. Moi-même, métisse, et issue d’un métissage assez singulier (moitié russe moitié maroco-espagnole), j’ai toujours eu le dilemme d’accepter une région comme origine, surtout avec le fait que je suis née a Gibraltar, j’ai grandi a New York et a Abu Dhabi, et que r parle couramment 5 langues.

    Mon père, qui même si est moitié espagnol, a vécu une enfance, certes très confortable, mais qui et restée très « arabe » en même temps.

    Ma mère, qui est russe, a elle eu une enfance moins contrôllee, moins stricte surtout.

    Le problème est que je n’eprouve aucune appartenance aux nations de mes parents. Bien sur, j’adore leurs pays, mais j’ai toujours la sensation d’être étrangère.

    Mon métissage provoque aussi des problèmes sur la manière dont je suis supposée être éduquée avec. Me laisser sortir avec des garçons à la russe ou m’interdire tout contact extra-scholaire?

    Franchement, j’en sais rien, et j’ai l’impression que je ne vais jamais le savoir exactement :L

    D’un autre coté, dès que je donne mes origines, les gens me regardent toujours avec une mine impressionnée, comme pour dire « elle a un sacré bagage Culturel celle-la! »

  • Lola dit :

    Bonjour,
    C’est vrai qu’être metisse ou quarterone c’est une richesse mais c’est aussi très difficile…j’ai lu tous les commentaires de ce site, et je vois que je ne suis pas la seule a me poser des questions, a avoir des difficultés a vivre mon metissage. Je ne connais pas l’origine de mon quart de sang noir, seulement que mon père est métisse avec des traits africains/antillais et la peau foncée, son autre côté est français/italien. Ma mère est belge. Dans la rue on me prend très souvent pour une arabe, c’est vrai qu’en France, c’est particulier, les gens te demande toujours de quelle origine tu es. Je n’ai jamais eu ces reflexions ailleurs. On passe son temps à se justifier et c’est ça qui est dur. De plus quand on a pas eu la chance d’hériter d’une partie de sa culture, et bien quand on me prend pour une personne venant de telle ou telle communauté, ça renvoit directement à ça. En fait, c’est le regard des autres qui fait qu’on s’interroge, j’ai aussi vécu dans un milieu blanc, et dans ce milieu je n’avais jamais d’interrogation. Ca vient seulement de la communauté magrébine, contre qui je n’ai rien, mais à force c’est lourd toutes les mois j’ai au moins une question…J’ai même eu une fois une personne qui m’a fait des commentaires sur la religion et souvent on me parle aussi en arabe…je serai arabe, ça me dérangerait pas. J’aurai été fière de cette culture. C’est vrai ce que j’ai lu plus haut, les gens doivent s’interroger sur notre mélange, et c’est encore plus dur pour nous de trouver notre place. On m’a dit aussi de garder la tête haute mais parfois je vis avec la peur d’une nouvelle question. J’essai d’assumer qui je suis mais c’est vraiment dur. Merci en tout cas pour ce site, on se sent moins seule

  • W dit :

    Bonjour à tous je viens de lire tous vos commentaire. Je tiens vraiment à laisser un commentaire car moi aussi je suis métisse et quelques phrases que certaines on sorti m’ont un peu choquée. Par exemple Maeva  » Quand on me traite de noire je suis hors de moi et presque prête à claquer quelqu’un… » ou encore Sophia  » j’étais choquée ! Moi ! Noire ! je suis métisse et suis assé blanche , ».

    Deja je ne vois pas pourquoi, Maeva, cela t’énerverais que l’on dise que tu est noire. Si une personne t’aurais dit que tu est Blanche, qu’aurais-tu répondu? Je pense que ça n’aurait pas été la même réaction….Qu’est ce qui te dérange au fait qu’on dise que tu est Noire ?

    Sophia, ton  » je suis assez blanche » était vraiment inutile ( je dis ce que je pense) et puis ça donne vraiment l’impression de  » oouf! Mon métissage tire plus sur le blanc Heureusement ». Moi aussi je tire sur le blanc un peu mais je ne vais pas jusqu’à aller m’en vanter. On m’a déja qualifier de noire et je ‘ai très bien pris puisque je suis les deux. Puis on dira jamais a un métisse ( sauf les cas exceptionnelles) qu’il est blanc..

    Je trouve ça bizarre qu’un métis ( Noir/Blanc) soit choqué qu’on dise qu’il est noir. Il faut tous simplement remonté a l’histoire ! A l’époque tout ce qui n’était pas 100% blanc était NOIR et c’est comme ça. Au bled un noir dira surement qu’on est des babtou, mais il sont plus nombreux par rapport au blanc à savoir différencier. Puis si on mélange le Blanc et le Noir, excusez-moi de vous décevoir mes dames mais, le noir est dominant c’est comme ça. Mais, je remarque bien sur ce genre de réactions chez les métis qui on grandis qu’avec des Blancs. Personellement j’ai grandi avec les deux. Les noirs m’ont plus acceptée que les blancs.
    Un exemple: Barack Obama. Il est métis! Mais on dis  » le premier président NOIR ». Et il en fait pas un chichi  » Moi noir? Euh.. Non tu peux rêver, je préfère mourir que d’être noir a 100% !! 50% ça va déja comme ça !  » Bon bien sur j’exagère, mais je le fais exprès.

    Mais bon ça c’est connu, surtout dans les pays d’Afrique, que certains métis on tendance a se sentir supérieurs aux noirs. Après je ne dis pas que vous pensez ça. No généralisations.Bien au contraire. Mais sérieusement lisez vous quand vous écrivez…

  • Lola dit :

    Je souhaite répondre à W (poste précedent), pour moi tu ne dois pas être choquée des phrases de Sophia et Maeva, je pense qu’accepter son métissage peut est très difficile, pour différentes raisons, c’est pour cela qu’on peut avoir des réactions un peu étonnante mais qui n’ont rien de raciste. Quand on a été bien accepté dans son metissage, qd la culture s’est transmise, qd on sait d’oû on vient on est forcément plus fort face aux questions ou aux réactions. Je ne sais pas pour les autres mais qd au contraire il y a eu une faille, une aggression verbale ou tout simplement quand on vit dans un environnement qui ne se mélange pour ou les couples mixtes ne sont pas nombreux, c’est bcp plus compliqué. Moi dans tout ça je vois la difficulté aujourd’hui a vivre son métissage, et ça dépend bcp dans l’environnement dans lequel on vit. C’est completement lié. Moi je dis vive les mélange, mais il reste encore bcp a faire en terme d’acceptation des différences.

  • Myriam dit :

    Et ben! voilà que je vois tous vos commentaires! Je m’appelle Myriam, j ai 23 ans et entame le 5ème mois de ma première grossesse.
    Je suis d’origine congolaise et je sors depuis 5 ans avec un gars complètement l’opposé de moi, c est à dire un blond aux yeux bleus!
    Nous venons d’apprendre il y a peu, le sexe de notre futur enfant et c est une fille.
    Je trouve cela triste de certaines réactions… Etre métisse pour moi, est une fierté! Dans mon entourage, les gens m’envient crever de la future petite métisse que je vais avoir.
    Je pense que cela dépend d’une personne ou l autre mais moi même étant black, je ne me plaint pas car jusqu ici j ai eu la chance de ne pas vivre beaucoup de racisme… J ai suis même considérée comme une très jolie black et meme avant d’etre sortie avec mon homme, j ai eu d autres conquêtes amoureuses comme tout le monde et principalement des « blancs ».
    Je suis super heureuse pour ma fille, car bien sur les gens vont lui poser des questions sur ses origines comme je sais qu’on va souvent la complimenter. et oui bien sur y aura des gens qui vont choquer car les gens ont tjs quelque chose a dire mais ça que tu sois gros, grand, petit, moche, noire, blanc… ect… c est tjs le plus facile c est de critiquer…

  • Lili la tigresse dit :

    Bonjour à toutes,

    Je voulais vous remercier toutes de l’intérêt que vous portez à ce petit article, publié un soir de réflexion… La vivacité de vos échanges montre bien qu’au delà du débat de société un peu facile, la question du métissage génère des questions de fond fortes.

    Je comprends l’étonnement de certaines aussi bien que les difficultés des autres et je pense que nous avons tous notre « truc » pour être bien dans sa peau…de métisse, ou non. J’espère que cet article vous permettra encore d’échanger et, pourquoi pas, de faire partager vos doutes mais aussi vos réponses personnelles à toutes ces interrogations.

    Belle journée à vous et j’espère vous lire encore nombreuses.

  • nina dit :

    Bonjour,
    je me reconnais également dans ton article, je suis née d’un papa marocain que je n’ai pas connu, et d’une mère belge (peau tres blanche,yeux bleus,cheveux blond) ma soeur et mon frere n’ont pas le même père que moi, ils sont tous 2 blonds aux yeux bleus, je suis la seule de la famille a avoir la peau matte, grands yeux foncé, petite bouche pulpeuse, grande avec des formes… cheveux bouclés bruns, je ressemble physiquement à une arabe,italienne,espagnole…parfois on me catalogue meme comme égyptienne!! mdrrr bref le type méditéranéen. Les gens doivent toujours me mettre dans une case, sinon ils ont du mal à t’accepter, je ne connais pas la culture arabe, et je ne veux pas faire semblant d’être celle que je ne suis pas, pareil avec les blancs, j’ai du mal a faire ma place, à m’intégrer, comparé aux arabes ils ont l’air plus cool, je me sens plus à l’aize, car je leur ressemble beaucoup plus…pourtant toute ma famille est blanche, dur de s’imposer telle qu’on est avec ses propres valeurs dans ce monde !!!!!! mais la pression de notre société me rend plus forte chaque jour 😉 vive les métisses, c’est notre fierté d’être Unique, nous représentons plusieurs origines à la fois, ça nous distingues et démarque des autres!!
    nina

  • Lili la tigresse dit :

    Bonjour Nina 🙂

    Merci pour ton intervention. Je ne sais pas si les Arabes sont/ont l’air moins cool que les blancs, mais ce qui me parait clair dans ta description, c’est que tu te sens très proche culturellement et éducationnellement de la culture de ta mère. Dans ces conditions, difficile effectivement de te sentir bi-culturelle!

  • Lili la tigresse dit :

    Bonjour,

    Merci pour ta participation.

    Je comprends les exclamations qui te choquent comme des affirmations de leur identité et non comme un rejet de l’ethnie citée (noire, en l’occurence, mais ça fonctionne aussi avec d’autres origines).
    J’ai surtout compris que ces demoiselles avaient un choc de se voir qualifées autrement qu’elles se voient, comme si on leur attribuait un mauvais prénom en quelque sorte.
    Elles se vivent « métisse blanches » ou « blanches » et il leur parait étrange qu’on les voit « noires ». Cela reviendrait, pour shématiser ma pensée, à leur soutenir qu’une pomme est une orange. Cela ne veut pas dire qu’on rejette les pommes ou les oranges, juste que pour elles, la réalité est autre.

  • Métisse dit :

    Salut les filles ( je constate que y’a que des filles , des vraies piplettes 😉 ) Je suis aussi trés heureuse d’être tombé sur ce blog et tous vos commentaires ( merci Lili ) . Je suis aussi métisse :p . Je l’ai appris a 15 ans … ma mère m’a en effet avoué que mon père n’était pas mon père biologique oO c’est une expèrience trés …. particulière et forte !! De plus mon père de sang est marocain , UN VRAI !! lol et bien j’ai envie de dire que je l’ai toujours su , au fond de moi ( en plus ma mère à eu cette intelligence de me donner un prénom métisse ) , quand j’était plus jeune je sortais qu’ avec des rebeu et qd j’était plus petite encore je demandais souvent si Dieu était frisé ( en plus mes parents qui m’ont élevé ne sont vraiment pas croyant ) !!! lol , le sang et ce qu’il transporte est une magnifique réserve de souvenirs et de transmission.
    J’ai donc rencontré mon père biologique à 15 ans et laissez moi vous dire que si on s’était croisé on se serai posé des questions .. je lui ressemble comme 2 gouttes d’eau 😉 . J’essaye aujourd’hui plus de 10 ans aprés cette révélation de connaitre cette famille et c’est trop important pour moi , voir ma grand mère ( qui parle pas un mot de francais ) mes cousines qui sont magnifique et qui me disent comment coiffer mes cheveux trop galère !!! lol
    il reste cette terrible souffrance due au racisme … je commence à me dire que c’est inhérent à l’homme. Autant d’un coté que de l’autre , des mots « violents  » pour moi, métisse, s’échappe parfois de leur bouche (de celle mon père francais de souche qui m’a élevé et de mon père biologique ) et ca en dis long sur ce qu’ils pensent les uns des autres … Je suis d’accord avec Lucile qui dit que parfois on ne peut pas se positionner pour certains point de vu , c’est vrai c’est impossible parfois , si on dis noir on va blesser le blanc et si on dit blanc on va blesser le noir … 😉 surtout quand le métissage concerne le père , l’autorité , la vérité … enfin voila j’en suis trés fière quand même et oui ca me donne une force incomparable , celle d’aimer tout le monde 😉 et je remercie mes 2 pères et ma soeur qui est né de mon père adoptif et pour qui je sais que ce n’est pas facile non plus. Et rajouter aussi que celui qui m’aide a accepter tout ca , à révéler cette part du Maghreb qui boue à l’intèrieure de moi depuis toujours est un belge pur souche que j’ai pu convertir à l’amour universelle aussi parce qu’il était un peu serrer des fesses qd ils voyait des arabes avant mdr !! peut etre y’aura t’il un autre petit métisse franco marocain belge .. !!!!! lol

  • Cha.gris.ne dit :

    Bonjour à tous,

    Au cours d’une conversation il y a peu de temps avec une personne que je ne connaissais pas, je me suis pris une réflexion « ah oui.. comme chez vous » sous entendu comme dans votre pays. Cette personne pensais que j’étais d’origine magrébine et me l’a bien fait comprendre. Tout comme ma mère, mes frères et sœurs sont blancs, mon père est noire. Je suis née et j’ai grandi en france. Je « me voit » blanche, j’ai la culture d’une française, seulement voilà, comme beaucoup de métis, certains me percevront comme quelqu’un ‘d’ailleurs’ et ce n’est pas vrai dans mon cas, car je ne connais rien de l’afrique je n’y suis jamais allée. Puis même, ce n’est pas parce qu’on a été dans un pays, qu’on a assimilé tout une culture et toute une façon de vivre, ces choses là prennent au moins un tiers d’une vie et encore. (Après c’est certain ça serait super si à chaque voyage qu’on fait ça se passerait comme ça).

    Pour ceux qui ont du mal à comprendre ce qu’on peut ressentir en tant que métisse, pourquoi on peut, ne pas vouloir ressembler soit à une blanche soit à une noire soit à une magrébine ou autre,
    je vais parler de mon expérience personnelle.
    Sachez qu’il n’est pas question d’être raciste (mes amis sont soit d’origine noir soit blanc soit arabe parce que je ne vois pas leur couleur de peau quand je leur parle, je les aimes pour ce qu’ils sont).
    C’est juste que, on veut pas qu’on nous colle sur notre tête une culture, autrement dit une carte d’identité qui n’est pas la notre, une identité qui n’a rien en commun avec qui nous sommes.

    Je trouve ça vraiment injuste que du fait de mon apparence, de ma couleur, certaines personnes me catégorisent comme une africaine alors que je suis de culture européenne.
    Je pense à cette fois ou je suis allée dans un fast food et ou on m’a dit « je tiens à vous informer que ce n’est plus hallal » ou même à la cantine quand j’étais ado « attention vous prenez du porc », ou encore une fois ou une personne m’a dit comme ça dans la rue alors que je lui disais quelles étaient mes origines, « ouai c’est ça arrête de mentir t’es une arabe faut pas en avoir honte » ou encore « rentre dans ton pays ».

    Déjà que, en tant que métis (chaque individu est différent je ne parle pas de tout les métis du monde je parle de mon expérience à moi quand je dis « on »), on cherche inconsciemment à ressembler à l’une de nos origines, mais en plus, quelques fois, on nous assimile à d’autres cultures qui n’ont rien à voir avec la notre du fait de notre physique. Ma question est comment en tant que métis, ne pas se sentir parfois perdu avec notre identité à des moments donnés de notre vie, à cause des gens ?

    Ah la réponse type c’est « acceptez vous tels que vous êtes, vous vous savez qui vous êtes ».
    Oui c’est tout à fait vrai, je suis d’accord.Cependant, imaginez que vous faites face à des personnes qui n’arrivent pas à accepter ou même à comprendre, qui vous êtes ni noir, ni blanc, ni arabe, ou alors toutes ces origines à la fois. Imaginez, que bien que vous ayez grandi dans une famille, la famille de la france multiculturelle d’aujourd’hui, on vous demande à vous français comme ça se passe dans votre pays d’ailleurs. Moi, même si ce n’est pas forcément intentionnel de la part de certaines personnes, ça me blesse profondément.

    Il y a mille et une façon de demander ou de dire la même chose à une personne. Par exemple : est ce que vos parents ont des origines ? Est ce que vous vous sentez proches de celles ci? à quel point? Vous obtiendrez aussi réponses qui correspondent à vos attentes, et la personne en face de vous aura moins de raisons de se sentir stigmatisé.

    Je suis fière d’être différente, de mes origines, je laisse mes cheveux crépus naturels comme une africaine, j’essaie d’avoir la peau plus foncée en bronzant, aussi en contraste parce que ça fait parti de qui je suis, je parle et je pense comme une française, je m’habille comme une europénne et j’écoute « des musiques de blancs » comme me disent certains noires, je suis fière de mes origines.

    Mais voilà, il y a des jours où, notamment en me prenant des réflexions telles que comme « chez vous » ou.. « dans votre pays » des jours ou je dois éviter d’entrer dans telle boite avec une musique qui me plais parce qu’il y a des skins head qui ne vont être hostile envers moi, je regrette de ne pas avoir qu’une seule origine, à ces moments là je ne peux pas contrôler cette émotion que je ressent, de la douleur, même si ma tête me dis aimes toi telle que tu es tu t’en fous. C’est trop injuste d’être jugé à cause de son apparence en général.

    Je n’ai plus qu’une chose à ajouter : Solidarité, égalité fraternité, mais surtout paix et amour ! 🙂

    Merci à la personne qui a fait ce site, grâce vous on a toutes pu s’exprimer et trouver un peu d’écoute.

  • lillllllllllll dit :

    bonjour,
    je viens de lire tout vos commentaire et je m’appercois que celle qui souffre le plus de leurs metissage ce sont les enfants metisse eleve par une mere blanche dans un milieux de blancs. petit parenthese je tiens a rappeller que « etre metisse » c’est avoir un des parent de « race » differente c’est a dire noire-asiatique, blanc-asiatique, noire-blanc, noire-arabe, arabe-asiatique.En aucun cas un arabe-blanc est metisse car les arabes font parti du meme groupe ethnique que les blancs qui regroupe les indiens aussi tout la parti du caucase d’ou le therme caucasien.
    ma cousine est metisse sa mere est gabonaise(noire)et son pere est francais (blanc). ces parent se sont separés quand elle avait 8 mois.elle ne souffre pas du tout de souffre pas du tout d’etre metisse au contraire beaucoup de personne l’envie de sa beauté de sa couleur de peau mate a l’année. tout comme la peau noire lorsquelle s’habille tout les couleurs lui vont bien car sa ressort sa couleur de peau.et en maillot de bain sur la plage elle fait pallir de jalousie les peau blanche. Elle connais bien la culture gabonnaise, elle s’est d’ou elle vient sa mere l’a eduquer comme une petite gabonnaise donc a la maison elle avait la culture gabonnaise et a a l’ecole et chez son pere la culture francaise elle est tres bien dans ses baskets et FIERE D ETRE METISSE. je pense que le fait qu’elle soit issus d’un metissage entre une mere noire et un pere blanc sa change beaucoup de chose par rapport a un enfant metisse issus d’un pere noire et d’une mere blanche. etant petite elle avait une copine franco senegalaise sa maman ete blanche et son pere noire mais il ete parti avant qu’elle naissent et bien cette petite ete eduquer comme une fille « blanche » elle n’a jamais eu acces a ses origine et elle en veut beaucoup a sa mere. en fin bref jai souvent remarquer que les metisse qui souffrait le plus de leurs metissage ete les metisse dont la mere ete blanche et le pere noire.
    j’espere que vous allez vous reconcillier avec vous meme et qu’est ce que sa peut faire que l’on vous traite d’arabe. c’est pas grave ya bien plus important dans la vie et puis les filles arabe elle sont jolie.l’important c’est de se sentir bien avec sois meme pour pouvoir avancer et faire avancer les chose

  • Nelly dit :

    Bonjour à toutes !

    Vraiment un grand merci pour ton commentaire Cha.gris.ne !
    Je suis moi-même métisse franco-tchadienne et durant les premières années de ma vie je ressemblais plutôt à…une asiatique ! Le mélange de cultures en région parisienne étant tellement riche et ayant évoluée à la fois proche de la communauté tchadienne et de ma famille française, je ne m’étais jamais sentie rejetée.
    Mais tout à changé lorsque j’ai dû quitter l’Île-de-France pour habiter en province uniquement auprès de mes proches français, dans une région où le brassage culturel était beaucoup, beaucoup, moins présent. Je me suis alors retrouvée à évoluer dans un environnement où je n’avais plus du tout accès à la culture tchadienne et me suis mise à délaisser mon côté africain suite à des réflexions peu encourageantes…
    Puis, est arrivé l’adolescence où je me suis retrouvée complètement perdue : dès qu’on me demandait  » Hé, tu peux nous dire quelques mots dans ta deuxième langue ? » ou « Comment c’est le Tchad ? C’est vrai qu’il n’y a pas de téléphone ? » je ne savais pas quoi répondre ne parlant pas du tout la langue et n’y étant jamais allée. Je me sentais exclusivement française mais mon physique ne suivait pas. J’ai alors tenté de m’identifier à d’autres communautés qui m’étaient plus accessibles : j’ai écouté du zouk pour paraître antillaise, j’ai profité d’une occasion pour aller aux Caraïbes et j’ai même commencé à apprendre un peu le chinois.
    Lorsque je suis entrée au lycée, j’étais toujours en quête d’identité culturelle. J’ai alors fait la connaissance d’un groupe d’amis tous métissés ( africains, jamaïcains, antillais, thaï…) et ça a été pour moi une vraie révélation : je n’étais pas en mesure de leur parler pleinement de ma culture, je ne savais pas ce qu’était le coupé-décalé ou même le gombo !
    J’ai alors commencé à accuser mes parents de ne pas avoir continué à me transmettre les deux cultures et leur en ai énormément voulu. Ils ont été compréhensifs et m’ont amenée au Tchad découvrir une famille que je n’avais jamais vue ! J’ai recommencé à me rendre régulièrement en région parisienne parmi ceux où j’avais grandi pour essayer d’apprendre la langue & la cuisine traditionnelle ainsi que les si jolies tresses africaines que je n’osais plus me faire faire.
    Aujourd’hui je suis toujours à la recherche d’un équilibre culturel, mais tout est en bonne voie : je sais qui je suis et je suis heureuse !!!

    Merci d’avoir fait ce blog, c’est vraiment une excellente idée ! J’espère que mon témoignage vous aura apporté quelque chose.
    Bises ! 😉

  • youssouf dit :

    la difficulté en t’en que métisse réside dans le faite que même dans le cas ou on choisi « un côté » ou même accepter le faite que l’on fait partie des « deux coté » ce qui selon moi est une réponse qu’en t’en que metisse nous avons du trouver très rapidement afin de nous construire.
    Même dans ces cas les parties en question (les totalement noir ou totalement arabe ou totalement blanc) ne nous acceptent pas totalement.(difficile à expliquer mais pourtant on le ressent tous)
    j’ai la chance de beaucoup voyager et le métissage et un réel problème en france pour la simple et bonne raison que très peu de pays on une populations aussi importante de métisse. et oui on est venu les sauvé pendant la guère et on est pas tous mort!!! moi aussi j’avoue je perd espoir!!!
    pour info je suis metisse et je m’appel youssouf je parle que français et franglais je n’est aucun accent croyer moi il se passe pas une journée sans que j’ai une réflexion « gentille » genr

  • Morgane dit :

    Bonjour, j’ai lu beaucoup de commentaires sur ce site et cela me rassure du fait que je ne suis pas seule à être en difficulté par rapport à mon métissage. J’ai des origines antillaises et chinoises, mais les gens ne font aucun effort pour me différencier je trouve, la plus part du temps on me demande si je suis Africaine ou Arabe et cela me perturbe beaucoup… Pourtant j’ai les yeux légérements plissés mais personne n’y fait attention, quand je dis que j’ai des origines chinoises ont me regarde avec les yeux ecarquillés et un air bête en me disant « Aaah booon ??!! » et quand je dis que j’ai des origines antillaises aussi d’ailleurs… Avec ce mélange je me sens différente des autres et j’ai peur de ce que peuvent penser ou me faire les autres aussi… Mais bon avec le temps j’ai quand même pris l’habitude de dire « Peu importe ce qu’ils pensent de moi je suis celle que je suis et le serais toujours » même si parfois j’ai quand même envie d’être blanche pour avoir un temps de « répis » x) Mais bon je le dis et le pense tout haut Métisse et fière de l’être.

  • Leila dit :

    Je me retrouve tellement dans tout ce qui est dit ici. Je suis moitié Française, moitié Tunisienne et j’ai même qq origines Italiennes et j’ai été élevée à l’occidentale par ma maman. Je n’ai quasiment pas connu mon père et de fait, je n’ai aucun lien avec la culture de celui ci. Lorsque je dis aux gens mes origines, ils pensent que j’ai les deux cultures, et pourtant.., même si je me sens différente, je ne me sens absolument pas Tunisienne, je me sens comme une personne qui en a des origines.

    Comme vous, j’ai l’impression que je ne suis pas acceptée des deux côtés, trop occidentale aux yeux des arabes, et trop orientale pour les français. J’ai souvent des phrases type « ha ouais t’es Arabe? Comment on dit telle chose en Arabe? » (et encore là c’est quand ils sont sympa^^) Combien de fois ai-je entendu des membres de ma famille tenir des propos racistes en face de moi comme si je n’existais pas, ou pire avec ce petit regard en fin de phrase pour guetter ma réaction, c’est à vomir.

    D’après ce que je vois beaucoup d’entre vous ne portent pas leurs origines sur leur visage, ce n’est je crois, pas mon cas non plus.
    Contrairement à certains d’entre vous, ça ne me dérange pas qu’on me questionne sur mes origines, car cela prouve qu’on s’intéresse à nous. Ce qui est moins agréable c’est lorsqu’on ne vous croit pas, c’est déja assez difficile de devoir composer avec une moitié d’identité qui nous est totalement inconnue, si en plus on remet en question son existence même…

    Je pense que le problème du métissage n’est pas l’indécision que le brassage de culture entrainerait, le fameux « ho les pauvres sont assis entre deux chaises », mais plutôt lorsque le fruit de cette union ne connaît qu’une seule des deux cultures. Vous naissez avec les prédispositions à avoir une ouverture d’esprit hors norme et une richesse supplémentaire, sauf qu’on ne vous permet pas de l’exploiter comme il le faudrait et cela entraîne tout un tas de questionnement et une incompréhension face aux réactions des deux côtés qui ne vous considèrent jamais comme semblable à eux.

    Avant tout cela me heurtait beaucoup, mais j’ai décidé de m’en fiche et d’être fière de mes origines, je suis une citoyenne du monde :p Nous avons la chance de pouvoir cultiver cette différence si belle !

  • Leila dit :

    Quelle truffe, j’ai oublié de préciser que malgré ma non connaissance de la culture de mon père, j’ai quand même vécu 7 mois en Tunisie, quand j’étais toute petite, j’en ai encore qq souvenirs dont certains que je préfererais oublier à cause du manque de tolérance de certains (j’ai souvenir d’un petit garçon qui m’avait craché au visage tout ça parce que j’étais blonde)

    Tout ça pour dire que j’ai très envie de connaître mieux cette part de moi même, et j’ai conscience que le seul moyen d’y parvenir est de me rendre dans le pays de mon père à nouveau, avec ma vision de jeune adulte. Je crois que ceux qui n’ont pas de lien avec leur deuxième de culture transmise par l’affiliation devraient aller la chercher d’eux même afin de mieux se connaître et de vivre un peu plus en paix avec soi même, même si c’est difficile.

  • Alizésaida dit :

    Je suis issu d’une mère algerienne avec la peau blanche et d’un père capverdien noir avec les yeux clairs. Je n’ai jamais eu aucun contact avec mon père noir et j’ai été élevée par ma mère blanche d’origine algérienne. Dans ma petite enfance j’avais la peau clair et les cheveux long noirs et bouclées , autant vous dire que j’étais une véritable petite arabe. Puis j’ai grandis et mes cheveux et mes yeux ont éclaircis et ma peau à foncé ( la même couleur que Alicia Keys sur cette photo : http://www.metisbijoux.fr/2011/03/19/alicia-keys-en-metis-bijoux/) , je ressemble toujours autant à une algérienne mais il y a des personnes qui me prennent pour une africaine ou une guadeloupéenne (allez savoir pourquoi cette origine revient tout le temps). Même si je m’accepte allez savoir pourquoi ça me blesse d’être pris pour ce que je ne suis pas. Des qu’on me dit c’est mot ça fait Boom dans ma tête et je suis triste , car je n’ai pas été élevé par mon père noir et que je ne connais rien du cap vert. Même quand on me dis tes métisse ça me fais pareil. je grandis ta la culture arabe avec toute une famille arabes (j’ai des frères et sœurs de même métissage). On me prends aussi pour une française , une gitane , une guadeloupéenne , une marocaine (le plus souvent). M’enfin bon j’essaie j’avoue de cacher un peu mon côté capverdien pour pas être dans l’embarras de ne pas savoir quoi dire sur cette origine dont je ne connais rien..

  • Nathalie dit :

    Mon père est blanc, un français pur souche diraient certains (enfin européen pur souche plutôt, parce que quand on regarde bien, il a des origines polonaises aussi, mais peu importe). Ma mère est antillaise, et noire. Pour mon frère, on voit bien le métissage, et on voit bien que c’est entre un noir et une blanche. Moi… On peut dire que les présupposés des autres m’auront fait voyagé : on m’a prise pour une pure blanche, une arabe, une turque, une espagnole, et même une fois, mais je n’ai toujours pas compris pourquoi, une russe. En fait, j’ai le teint d’un blanc en été : un blanc qui a un peu bronzé, quoi. Et un teint d’arabe aussi, il faut croire, vu que ça m’ai déjà arrivé qu’on se mette à me parler arabe, alors que à ma connaissance je n’ai pas une goutte de sang arabe dans les veines. Personnellement, cela ne m’a jamais trop dérangé, qu’on se méprenne sur mon identité; une fois, cela m’a même fait rire, quand une de mes amies à qui j’apprenais que ma mère était martiniquaise m’a répondu : « Je savais qu’il y avait des blancs en Martinique, mais je n’en ai jamais rencontré ». Ou alors c’était seulement le fait d’avoir une réflexion qui sortait de l’ordinaire, au lieu d’un : « Ah bon! On dirait pas! », ou un « Tu as été adoptée? » (oui, vraiment, on me l’a déjà sorti; et pourtant, question capillaire, je tiens autant de ma mère que pour les traits et la couleur je tiens de mon père…).
    En fait, ce qui me dérange, ce n’est pas tant qu’on me prenne pour autre chose que ce que je suis, même si à la longue ça peut être saoulant. C’est sûrement parce que je n’ai pas de complexe quant à ma couleur, n’ayant jamais souffert de racisme, et étant née dans une ville où il y a des représentants de toutes les cultures. Ma meilleure amie est srilankaise, et une autre bonne amie une blanche blonde aux yeux bleus, et j’ai aussi été liée d’amitié avec des asiatiques, par exemple. Alors, je n’ai jamais vraiment ressenti de métissage à ce point de vue, ou plutôt, je n’ai jamais fait raisonné en terme de couleurs de peau. C’est d’ailleurs peut-être pour cela qu’à la différence de vous ici, je n’ai pas l’impression d’être partagée entre deux cultures : j’ai été élevé à la française, la seule fois où je suis allée en Martinique j’avais deux ans, et je n’écoute même pas de zouk (en même temps, même si ma mère me dit que ce n’est pas du vrai zouk, j’associe le zouk à Magic System, et je n’aime pas Magic System). Ce n’est pas que je nie mes origines ou quoi que ce soit : j’ai parfaitement conscience d’être métisse, que ma mère est antillaise, mais seulement voilà, c’est ma mère qui est antillaise, pas moi. J’aurais vécu en Martinique au lieu d’en France, ça aurait été l’inverse. Autant je me considère comme métisse, autant, et paradoxalement, je n’arrive pas à me penser comme à moitié noire, ni même à moitié blanche, ni à me dire que la Martinique comporte une part de mes racines : pour moi, cela est culturel, et ce qui est culturel n’est pas une affaire de sang. J’ai conscience que beaucoup ne pense pas ainsi, et je comprends très bien pourquoi; seulement, je ne vois pas pourquoi je devrais soudain vouloir me forger une culture antillaise, ou même en vouloir à ma mère de ne pas m’en avoir donné une, dans la mesure où je me sens très bien comme je suis, et que je n’ai pas l’impression d’avoir un manque de ce côté là.
    En fait, ce qui me dérange, c’est justement quand les gens supposent que je devrais être imprégné de cette culture là. Je n’ai rien contre cette culture, je vous assure; seulement, quand la première chose qu’on vous demande après que vous ayez dit que votre mère est martiniquaise, c’est de dire quelque chose en créole, ou bien quand les gens ouvrent des grands yeux quand vous leur dîtes que vous n’allez jamais en Martinique, c’est énervant. Non, je ne vais jamais en Martinique, tout simplement parce que je n’ai pas les moyens, et que je n’ai plus de famille là-bas, à part une tante. Non, je ne parle pas créole, parce que n’ayant pas les moyens d’aller en Martinique, je ne vois pas pourquoi j’apprendrai une langue dont je ne me servirai pas. Et non, ce n’est pas une négation de ce que je suis; je suis métisse, mais j’ai une culture française. Mais aller expliquer ça aux gens…

  • Tzy dit :

    Intéressant toutes ces histoires et différentes façons de vivre le métissage.
    Pour ma part, je suis métis de père Centrafricain et de mère française, physiquement je deviens très clair de peau en hiver, et je peux foncer à un degré important si je m’expose suffisamment en été. Mes cheveux sont complètement crépus et mes traits Africains prononcés. La façon dont j’ai vécu mon métissage, c’est une très longue histoire, très différente de tout ce que j’ai lu ici.

    Mes parents se sont séparés quelques mois après ma naissance, ma mère m’a élevé seule avec mon grand-père Blanc, j’ai donc grandi dans sa famille.
    Grâce à Dieu j’ai la chance d’avoir une mémoire de vie surprenante, mes plus anciens souvenirs remontent donc à peu près à l’époque où j’ai commencé à marcher, et j’étais en avance lol. Je me souviens donc parfaitement d’avoir toujours su en mon moi intérieur que  »ma couleur c’est ma couleur je suis comme ça » j’entends par là qu’avant de rentrer à la maternelle, je savais que j’avais un truc différent de ma mère, mes cousins, et autres membres de mon entourage, mais ce n’est pas pour autant que je me posais des questions sur la provenance de ces attributs.
    Mes différences n’avaient rien de spécial, à 1 ou 2 ans on est trop innocents pour voir ça autrement qu’une différence de couleur entre deux hochets! (tel cousin à les yeux bleus, pas l’autre etc).
    Ma mère m’a confirmé que j’étais conscient de ma couleur à cette époque; elle m’a raconté au moins 100 fois qu’un jour où elle m’avait mis dans mon bain, elle s’est absentée 10 secondes et m’a entendu hurler en pleurs, elle est bien sûr revenue tout de suite, pour s’apercevoir que je pleurais car en me lavant j’avais remarqué que la peau autour de mes ongles devenait plus foncée (l’âge ou pas mal de bébés métis prennent de la pigmentation). Je criais  »j’ai les mains toutes noiiires! » lol Elle a donc pris le temps de me rassurer en me disant un truc du genre  »mais c’est normal, tu sais bien :), c’est ta couleur » et je lui ai répondu en gros que je savais, mais que c’était cette démarcation soudaine sur mes doigts que je ne comprenais pas. Bien entendu tout ça s’est uniformisé en peu de temps et je suis devenu un gros bambin tout rond, très heureux et très joueur, sans me demander si j’avais un papa.
    mais l’innocence aura été de courte durée, ma famille maternelle étant originaire d’une village de montagne à la campagne peuplé de quelques centaines d’habitants, (où il n’y a aucune population non blanche) la question de ma différence aux yeux des autres et de ma définition ethnique intérieure s’est très vite posée à un moment fatidique: l’entrée à la maternelle. Dans ma classe tout allait bien, nous n’étions que 5, dont trois filles, et mon pote de l’époque (qui l’est toujours) jouait avec moi tout à fait normalement. C’est dans la cour que ça se compliquait. Une grande partie des plus grands avaient des parents racistes, et ça transpirait sur eux. à l’âge de 3 ans j’ai donc eu droit au sale nègre, sale négro, sale Noir, bamboula, et tous les dérivés ainsi que des accusations sur mon père absent, qui puaient la consigne parentale à plein nez. Le motif de ma couleur était suffisant pour déclencher pas mal de bagarres sur moi, des brimades à plusieurs, enfin disons que j’ai passé un paquet de sales quarts d’heure avant que les maîtresses qui discutent au fin fond de notre grande cour pleine de recoins hors de vue soient averties et n’interviennent, pour toujours leur tirer les oreilles jusqu’à la prochaine fois.
    Bien entendu ça me rendait triste et j’ai cherché à savoir comment était mon papa, pourquoi il n’était pas là, son nom et j’en passe.
    Ma mère m’a donné une grande photo de lui, jeune, tout en muscles torse nu sur une plage avec des lunettes de soleil, ainsi qu’une médaille en or qu’il portait sur la photo. à partir de cette période, contrairement à beaucoup de métis (et surtout de métisses) ayant grandi avec leur mère Blanche parmi les Blancs, j’ai forgé mon identité intérieure automatiquement sur le Noir. J’ai compris tout seul que je ne serais jamais Blanc, puisque ceux qui le sont n’avaient que le mot Noir ou négro à la bouche pour me définir. Dans les vieux jeux video de combat de l’époque, je prenais toujours le Noir quand il y’en avait un etc.
    Avec les copains, tout n’était pas tout blanc ni tout noir non plus, et c’était d’autant plus blessant de voir que certains étaient des copains et copines de circonstances, capables de retourner leur veste dès qu’ils avaient une contrariété contre moi, si on se disputait ou tout simplement par effet de groupe.
    J’ai changé d’école après le CP pour aller dans une mini ville pas loin de chez moi, qui se trouve être ma ville natale, et endurci comme j’étais, je me suis rapidement fait respecter à la moindre remarque sur ma couleur, même quand ça n’était pas forcément  »méchant ». (pour un couleur café tu te prenais une mandale en gros) Et j’avais souvent gain de cause auprès des profs et du directeur, même si on me punissait pour avoir porté les coups bien entendu. Pour eux il ne fallait rien dire, où aller le leur signaler à chaque fois. Le fameux  »sois plus intelligent qu’eux » je l’ai entendu à toutes les sauces. Ma scolarité dans cette école/collège a été heureuse, même après que les  »racistes » de la maternelle de mon village m’y rejoignent quelques mois après, dans la masse d’élèves plus nombreux; ils étaient moins embêtants, la cour était plus grande et on était du même patelin, eux aussi étaient un peu les étrangers de leur nouveaux camarades, j’étais une tête connue pour eux. Entre temps je m’étais inscrit au club de rugby où tout le monde était gentil puis à celui du foot et j’avais trouvé plein de modèles à qui m’identifier; la coupe du monde 98 était passée par là, le côté  »je suis Ronaldo! »  »Je suis Thierry Henry! » en jouant au ballon dans la cour de récré, personne ne pouvait m’enlever ça.
    Et c’était la première fois que j’avais l’occasion de voir que ça pouvait aussi être la classe d’être cette couleur. Au primaire et au collège je subissais donc un peu moins de racisme qu’à la maternelle, même si il y’avait des épisodes de temps en temps. En 3ème, en jouant au rugby les mercredi après midi dans la capitale de mon département, j’ai subi la mode des  »cris de singe » dès que je touchais le ballon, phénomène qui commençaient à se répandre dans les stades de foot en Italie et ailleurs.
    Cela venait d’une équipe de gamins en particulier, des ados de mon âge, que j’appelais  »Jean-Marie » pour leur répondre; je les ai revus quelques temps après à une conférence sur l’alcool et… le racisme. (ironie du sort) où ils faisaient participer les élèves en jouant des rôles. Et ça a failli dégénérer avant même qu’on entre dans la salle. Les rugbymen se souvenaient tous de moi, surtout l’un d’eux qui s’est approché, et avec mon caractère, quand un cercle s’est formé autour de lui et moi je lui ai dit  »qu’est ce t’as Adolf t’es pas content » et il a fallu nous séparer dans une ambiance d’insultes, ça commençait mal. Pendant l’atelier le formateur a même dû interrompre sa pièce de théâtre à un moment pour apaiser l’ambiance après que j’ai refusé de monter sur scène pour ne pas être la risée des racistes (il était dépité, imaginez).
    J’ai râté mon brevet cette année là, mais celui de la résistance et de l’encaissement je l’ai eu avec mention!
    Autant dire que quand je suis parti dans une ville plus grande à l’internat pour ma seconde troisième et mon lycée, j’étais paré. Mais dans cette dernière partie de ma scolarité, je n’ai jamais eu d’embrouilles liées au racisme à proprement parler, le collège/lycée était blanc à 98% et j’étais content qu’en cas de dispute on ne me différencie pas par ma couleur. J’avais droit aux insultes classiques réservées à tout le monde. J’ai également été complètement ébahi par mon succès soudain auprès des filles, je suscitait beaucoup d’intérêt, alors que je n’avais eu que très peu de copines dans ma cambrousse pure et dure au collège et primaire. Deux trois filles de mon coin tout au plus, et pas les bombes de la classe, sans être horribles non plus. Les autres craignaient les moqueries, certaines me l’avaient dit à l’époque.
    Les seules copines vraiment jolies que j’avais eu avant le lycée étaient des vacancières, blanches et deux fois des métisses: marocaine et réunionnaise. Dans mon nouveau bahut, où je n’avais pas de soucis de couleur, tout était donc génial pour moi, vu que j’étais enfin considéré dignement sans différence, tout en étant fier d’être  »Noir »  »black »  »renoi »  »tismé » et anti état français comme toujours. (ayant grandi avec du rap revendicatif depuis mes 7 ans grâce à des cousins Blancs qui m’avaient initiés.)
    Quand je rentrais de l’internat le week end vers 15/16 ans, j’ai commencé à sortir un peu en boîte avec mes potes Blancs du village (les fils de racistes, de la maternelle/primaire et d’autres) et en soirée j’ai connu pour première fois de  »vrais » Noirs, de Mayotte, qui étudiaient pas loin de la boîte de nuit. Ils étaient peu nombreux au départ et sont venus me parler naturellement car j’étais facile à identifier en tant qu’afro descendant, bien que clair de peau. (J’avais en plus un look très américain avec baggy, bijoux, casquettes et fringues de baseball etc) Le courant est tout de suite passé avec eux, je me sentais avec les miens, et après avoir bien discuté avec eux sur la piste de danse, un de mes anciens entraîneurs de rugby présent dans la boîte ce soir là, est venu me parler  »traîne pas avec ces gars là, toi t’es un gars de chez nous » choqué par ce type qui avait toujours été normal avec moi, je lui réponds  »je suis pas seulement d’ici j’ai une double culture » il renchérit:  »non non t’as pas une double culture, t’es un gars du pays méfie toi de ces gars là ». Pitoyable réaction épidermique qui révèle un racisme profond digne de l’apartheid. Et je n’étais pas au bout de mes surprises. Quelques mois plus tard, tous mes potes Blancs étaient présents dans la boîte, et il y’avait vraiment beaucoup de mahorais. Les Blancs d’un côté de la boîte, les Noirs de l’autre mais J’étais content, j’étais à la table de mes potes babtou, je partais danser et parler avec mes potes renoi, tout allait bien… jusqu’a ce qu’une bagarre éclate entre un des ex sales gosses de la maternelle (qui cherche toujours les embrouilles à tout le monde) et un mahorais. Mes potes sont tous allés soutenir le Blanc, (sauf mon pote de petite section qui ne se bat jamais) et les Noirs ont tous été soutenir le Noir après avoir effectué une distribution de stylos dans leur équipe pour attaquer (oui oui!) Les Blancs ont répondu à coups de bouteilles en verre et tout ça a duré un bon moment, les videurs (Blancs) étant débordés. Et moi dans tout ça? J’essayais de les calmer comme je pouvais.
    Le Blanc à l’origine du fight me dit  »toi t’as pas intérêt à aller avec les négros » et le Noir avec qui il s’est battu qui était aussi mon pote me dit  »tu veux aller avec tes potes? Les blanche-neige? » effaré, impuissant, impartial et forcé de l’être. Écoeuré par le comportement raciste de mon pote Blanc et de ceux qui l’ont suivi, je me sentais toujours Noir, comme d’hab, mais impossible de prendre position contre mes potes d’enfance avec qui j’étais venu. Ils me saoûlaient tous, j’aurais voulu avoir un gang de métis pour leur flanquer une trempe générale sans distinction de couleur!
    Dehors un des videurs a assomé mon pote mahorais en lui tapant la tête contre le bitume après l’avoir mis au sol. Il ne bougeait plus, plus de réaction, on ne l’entendait pas respirer, tout le monde a cru qu’il était mort. J’ai pleuré sans honte. Des gens l’ont réanimé avant que les pompiers et la gendarmerie n’arrivent pour le videur. C’était il y a moins de 10 ans, en France. Depuis j’ai eu la chance de retrouver mon père et ma famille Africaine à l’âge de 19 ans, j’ai vu la terre d’Afrique où certains m’ont appelé Blanc (mais c’est rare et ce n’est pas forcément méprisant mais distinctif) et j’ai la chance d’être le doyen d’une fratrie de presque 25 petits enfants, celle de mes grands-parents. Et devinez quoi? Nous sommes tous métis 🙂 merci à ceux qui auront lu ce roman.

  • bruno dit :

    Sur ce blog par hasard j’y ai découvert de belles choses et aussi beaucoup de souffrances.Je suis passionné d’histoire depuis toujours et je ne crois pas que le métissage de la planète amènera la fin du racisme.Le brésil est le pays le plus métissé au monde et c’est aussi un des pays les plus raciste de la planète (comme quoi).Je pense que la nature humaine est ainsi et tant qu’on aura pas compris que « l’homme est un loup pour l’homme » et que l’on aura pas intégré ce fait dans les méthodes d’éducation parentale les choses empireront.Elles empirent déjà.Bon courage à vous tous et merci pour vos « tranches de vie ».

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