Temple solaire

L’amour, c’est cette douce folie qui nous lie à quelqu’un, ce sentiment fort qui fait que l’Autre est plus important. Ca emporte, ca renforce, ca fait souffrir aussi. Ca permet de passer les épreuves, ca donne l’envie de rester, parfois de faire des bébés.

Ca, c’est la littérature. Je la connais par coeur, je l’annone avec l’implication d’une nonne pendant les vêpres, j’y mets toute la conviction d’un président en campagne.

Mais dans ma vraie vie, l’amour, ca n’a aucun sens. C’est une chose que j’ai du mal à reconnaitre, à connaitre, à éprouver et à reconnaitre quand je l’éprouve. C’est une chose que j’ai du mal à cerner, à comprendre, à appréhender. C’est un danger qui pousse à se risquer. C’est une folie collective qui pousse le troupeau vers la falaise, le tout en devisant gaiement. C’est un gouter à l’arsenic où chaque participant ignore la dose qu’il ingère. Et moi, je vois le précipice arriver et je me demande s’ils sont tous dingues de s’y précipiter ainsi, le coeur léger. Je ne veux pas mourir, moi. Pas sans me battre, du moins. Je n’ai pas le pied léger, la conversation gazouillante de tous ces gens qui semblent tellement surs d’eux. Et je le vois disparaitre, quand ils arrivent au bord de la falaise. Ils tombent et s’évaporent. Certains arrivent en bas entier, d’autres volent, les derniers s’évanouissent. Beaucoup ont des plaies et des bosses mais… à peine remis, ils reprennent leur place dans le troupeau et avancent paisiblement vers la falaise, reprenant leurs gazouillis.

Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas sauter dans le vide, ne sachant pas si je vais arriver entière en bas. Je ne veux pas disparaitre, m’évaporer, m’annihiler. Je ne veux pas jouer au loto avec mon corps, mon bien-être, ma vie.

C’est une folie pure.
La roulette russe.
Un suicide collectif.

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